A propos de dEUS

Les années 90 et 2000 sont encore et toujours marqués (au niveau musicale) par des groupes anglais. Parmis les meilleurs, on citera évidement Radiohead.
Ca serait trop vite oublier que du coté du plat pays, il existe une scène rock intelligente, mouvante, bouillonnante, extravagante. Avec à sa tête, un groupe phare: dEUS.
Depuis 1993 (et un premier single « Zea »), cette formation a géométrie variable, emmené par son leader Tom Barman (véritable star anversoise), n’a cessé au fil des albums de nous proposer une musique vraiment étonnante. Toujours sur le fil du rasoir, sans garde fou, dEUS commence par des albums fulgurants fait de mélange de pop et d’impro. Ce qui leur vaudra une certaine méfiance outre atlantique comme en angleterre, incapables de classer cette musique. Finalement, les critiques british déclareront que dEUS fait de « l’Art Rock » (ce qui a toujours déplu à Barman) et l’affaire était réglée. Les ventes d’albums dans ces pays seront d’ailleurs assez anecdotiques, le groupe jouant souvent dans des salles à moitié vide. Un titre comme « suds & soda » (sur leur premier album « Worst case scenario ») est un veritable hymne en belgique. Pas une soirée de djeun’s à Anvers ne se passe sans que l’on entende ce titre. Un peu comme chez nous quand on se passe (au mieux) un bon vieux « Tostaky » ou (au pire) « L’aventurier » de Indochine.
Dans d’autres contrées, comme la France, au Portugal ou aux Pays Bas, en revanche la notoriété du groupe commence à décoller avec la sortie de leur troisième album « Ideal crash » grace à une approche musicale un peu plus accessible. Mais pas plus sage. Le single « Instant street », titre phare de l’album, commençant comme une chanson pop bien sympatoche et se terminant en apothéose sonore (un peu comme le « Little Arithmetic » du second album « In a bar, under the sea »).
Après un silence de presque cinq (defection, départ, maladie, un film pour Barman, pas mal de doutes et d’interrogations), le groupe se relance avec le bien nommé « Pocket Revolution » qui est, à mon avis, l’album le plus abouti du groupe. Moins bordélique que les premiers, un peu plus maîtrisé que le précédant, il fait figure de retour en force. Les quelques concerts donnés en France, on d’ailleurs montré que le groupe avait encore à dire et à montrer sur scène.
Très engagés contre la montée de l’extreme droite et pour la tolérance dans leur pays, dEUS organise une série de trois concerts, une semaine avant les élections municipales qui verront la defaite du Vlaams Belang, le parti d’extreme droite.
Leur prochain album arrive en mars 2008, avec j’espère encore plus de succès que « Pocket… ».
D’autant qu’un autre album devrait arriver en 2009. Deux albums coup sur coup, ils nous gatent ces belges.
