Actus du groupe

dEUS a mis La Flèche en feu…


Mercredi 25 mai, 20h00 et des brouettes, j’arrive avec ma copine rue de Bagnolet dans le XXieme arrondissement de la capitale. Beaucoup de monde devant la salle; je me dis, rassuré que le concert tant attendu n’a pas encore commencé. On s’engouffre dans une salle surchauffée au moment où Balathazar entame son ultime morceau. J’entends des commentaires “C’est vraiment bien”, “Leur manière de chanter à quatre voix, c’est génial.” Je suis un peu déçu d’arriver à la bourre car je voulais vraiment ré-écouter ce groupe que j’avais découvert au Nouvel An Belge l’année dernière.Tant pis, ce sera pour une prochaine fois. Leur “rise your glass to the moon” ac capela m’a quand même scotché et j’attends avec impatience une nouvelle occasion d’aller les voir en concert.

Il fait vraiment chaud dans cette salle où la bière est hors de prix et la clim’ inexistante. Je crois que, mis à part La Cigale, il n’y a pas d’autre scène à Paris où l’ambiance est aussi étouffante. Et je me demande si je n’aurais pas dû m’équiper d’une bonne bouteille d’eau car la soirée risquait d’être caniculaire.

20h30, brève présentation du groupe par un membre fondateur de l’équipe Pias (nouveau label de dEUS) qui insiste un peu beaucoup sur le marchandising, à un point que les gens commencent à dire “casses-toi”. Finalement il laisse la place au groupe de la soirée qui débute mal sur Little arithmetics: problème avec la guitare de Tom. Des problèmes d’ailleurs qui parasiteront tout le long du concert un son qui n’est pas vraiment à la hauteur. Qu’importe, l’envie de jouer est là… dEUS enchaîne sur Fell off the floor, man; puis sur The Architect, re-belote: c’est le sample de départ qui a des ratés. “dEUS veut dire “humidité”, “chaleur” et “guitare foutue”, plaisante Tom entre deux morceaux.

Puis le groupe nous joue son premier vrai nouveau morceau, Second Nature. Un titre qui reste dans la lignée des derniers titres écrit par le combo belge mais qui a du mal à convaincre. On attendra la sortie de Keep you close pour se forger une autre opinion. Suivront dans l’ordre les désormais classiques Slow, Sun-Ra et The real sugar avant d’attaquer le second nouveau titre Constant now avec ses atours plus punchy et sexy que Second Nature. On sent le public peut être plus conquis même si cela reste assez timide. “Ca bouge pas dans le public!” balance à la volée un spectateur pas trop timide, lui.

Arrive l’inusable, le classique des classiques, le titre que tout fan de dEUS réclame et sans qui un concert de dEUS ne serait pas. On connait tous ce moment où Tom attrape sa guitare sèche et compte “One, two, three, four…” avant d’entamer les premières notes de ce chef d’oeuvre de pop-song, Instant street. Et là la magie opère. Tout le monde chante des paroles qu’il connait par coeur et commence à danser sur place. Les visages s’illuminent et on sent un public en total symbiose avec le groupe. Quand Tom reprend la Fender bleue et blanche pour le final apocalyptique, le délire s’installe. Un groupe d’une quinzaine des fans commencent à sauter sur place et un ou deux de ces frapadingues s’improvisent slammers comme dans les meilleurs concerts rock. Et, à partir de ce moment là (mis à part sur le plus sage Smokers reflect), ce public deviendra incontrôlable enchainant pogos et slams au rythme de If You Don’t Get What You Want, Theme From Turnpike et Bad Timing  avec sa montée en puissance digne des meilleurs morceau du groupe belge.

Rappel oblige, dEUS nous jouera Morticiachair (un “vieux” titre qui revient systématiquement dorénavant) et le Suds and soda des meilleurs finals. Il doit faire au moins 40°C et la bande de furieux n’est pas fatigué de se bousculer et de se faire balloter par le public.  Roses achèvera d’achever des spectateurs en transe et en sueur, abasourdis par un concert de haute volée. Les deux pouces levés au ciel par Mauro avant le retour backstage sera également le symbole d’un groupe heureux d’avoir jouer ce soir.

Mon dernier concert était le pitoyable Olympia de PJ Harvey en février dernier, concert mou du genou d’à peine une heure trente qui frisait l’arnaque. Le concert de ce soir, à la Flèche d’Or, en était le diamétral  opposé: habité, vibrant et déchaîné. En rentrant ce soir là pour une nuit de repos bien mérité, j’avais l’impression d’avoir assisté, l’air béat, au B-A-ba du rock. Une certaine idée de la Belgique.

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