Revue du concert à TW Classic

Revue de Luc Lorfèvre pour le magazine Moustique :

Le dessert dEUS

“Nous espérions être l’apéro de la grande finale avec les Diables Rouges. On se contentera d’être le dessert de la petite finale”, s’exclame Tom Barman en début de son set. dEUS monte sur scène quelques secondes après le coup de sifflet final du match Belgique-Angleterre et est a accueilli comme le messie. Tout de blanc vêtu, Barman lance les hostilités avec une version impeccable de If You Don’t Get What You Want. Le son est énorme, la section rythmique claque, le violoniste Klaas Janzoons s’est enrobé dans un drapeau belge, mais c’est un autre musicien qui suscite tous les regards. Pour Bruno De Groote, remplaçant du guitariste Mauro Pawlowski, il s’agit en effet d’un baptême du feu.

Bruno De Groote n’a pas l’attitude et la flamboyance de son prédécesseur et est quelque peu mal à l’aise sur les premiers morceaux. Mais sous les encouragements de Tom et du public, le guitariste se libère enfin sur Instant Street, morceau qui déclenche réellement les hostilités. Theme From Turnpike suit, avec Quatre Mains, Sun Ra, une très belle interprétation du ressuscité Hotellounge (Be The Death Of Me) et le nerveux Bad Timing qui ouvrait leur album Pocket Revolution (2005). Le concert monte en puissance et il n’y a aucun temps mort. Oui, dEUS n’a rien perdu de son urgence au fil de toutes ses réincarnations et reste toujours impressionnant en live. Les frissons nous gagnent lorsque Klaas joue au violon l’intro du cultissime Suds & Soda mais un roadie fait signe à Tom Barman que le groupe doit arrêter. A Werchter, l’heure c’est l’heure. Même pour dEUS. Incompréhension totale du public qui attendait “sa” chanson et seule fausse note d’une prestation intense. dEUS sera au Brussels Summer Festival le 17 août (place des Palais). Un grand moment en perspective avec, c’est promis, une version complète de Suds & Soda.